Par Brandon Miller
Collaborateur de Monster de la génération Y
C’est un secret de polichinelle que les années 2008 et 2009 furent difficiles pour les diplômés des collèges et des universités. La récession n’épargne généralement personne, et encore moins les jeunes professionnels qui commencent au bas de l’échelle. La baisse du nombre de départs à la retraite et la concurrence accrue pour décrocher l’un des rares emplois de premier échelon ont causé du souci à de nombreux jeunes de la génération Y.
Il serait exagéré d’affirmer que l’économie canadienne est prospère; néanmoins, les choses vont quand même beaucoup mieux depuis quelque temps.
Le Conference Board of Canada prévoit que la note économique du Canada passera de B- en 2009 à B+ en 2010, faisant ainsi grimper l’économie locale au cinquième rang dans le monde et marquant une solide remontée pour ce qui est des améliorations relatives.
Même si le Canada se classe bien par rapport à d’autres économies, il n’en reste pas moins que le chômage devrait atteindre en moyenne 9,8 % en 2010. D’où la très grande importance pour les nouveaux diplômés de chercher des emplois réalistes à des endroits réalistes. Ce ne sont pas les occasions qui manquent, mais il faut creuser un peu pour les dénicher.
La réalité
« Ce que je vois, c’est que le marché est difficile et que nous sommes toujours en récession, explique Wendy Lycett, conseillère des Services d’orientation professionnelle au Collège Fanshawe de London (Ontario). Mais voilà 30 ans que j’exerce ce métier et j’ai vécu d’autres récessions auparavant. Et je sais qu’on trouve des emplois durant les récessions. Il y a toujours des offres d’emploi. »
Bien que certaines industries sont au ralenti, d’autres semblent plus prospères. Lycett précise notamment que l’infographie a toujours offert de bonnes perspectives de carrière dans les dernières années. D’autres citent les emplois techniques et les postes dans le domaine de la santé. La demande est élevée dans les soins infirmiers, tout comme dans les services bancaires et financiers.
« Les secteurs qui suscitent beaucoup d’intérêt et sont en croissance ont été la construction, les métiers et la technologie, affirme Joanne McDonald, chef des Services d’orientation professionnelle et des activités étudiantes au Collège Algonquin d’Ottawa. Sans oublier certains domaines de la santé, comme l’inhalothérapie et les soins infirmiers. »
Importance du degré de scolarité
« Une formation universitaire constitue un atout certain, explique Joan Schielbelbein, directrice du Centre d’orientation professionnelle de l’Université de l’Alberta. Toutes les études ont affiché une corrélation positive entre le niveau d’instruction et les revenus. »
On comprend donc pourquoi de nombreux jeunes diplômés sont retournés aux études au cours des dernières années. Souvent, les diplômés universitaires s’inscriront à un programme collégial pour parfaire leurs compétences. Et les collégiens se tournent parfois vers l’université dans le but d’élargir leurs horizons.
« Si les étudiants passent d’abord chez nous, ils iront souvent à l’université pour compléter leur expérience pratique d’un diplôme universitaire et vice-versa, précise McDonald, du Collège Algonquin. Les perspectives sont infinies dans les deux cas. »
Intérêt des employeurs
L’un des meilleurs indices du nombre de postes offerts aux nouveaux diplômés est souvent lié au fait que les employeurs participent encore aux salons de l’emploi des universités. Leur nombre est en baisse, mais l’intérêt ne se dément pas.
« En toute équité, je dirais que nous avons probablement connu une baisse de 7 à 10 % de participation des employeurs à nos salons de l’emploi en 2009-2010 », affirme McDonald. À l’université de l’Alberta, Schielbelbein précise que la participation des employeurs a diminué de 30 %.
Mais que cela ne vous décourage pas trop. « L’intérêt soulevé par notre salon de l’emploi a été positif, dit Lycett. Nous avons habituellement une liste d’attente d’employeurs aux salons de l’emploi du Collège Fanshawe et cette année ne fait pas exception. »
Faites preuve de souplesse
Il importe également de se rappeler que les différents métiers ne recrutent pas tous de la même façon. McDonald insiste sur le fait que les médias, par exemple, ne font pas de recrutement sur le campus. Ils recherchent souvent des candidats pour combler des postes à temps partiel ou à la pige. Les nouveaux diplômés doivent se montrer plus souples, explique-t-elle, ajoutant que cette notion de souplesse est relative. « Ils doivent déterminer ce que cela représente pour eux. »
Voici quelques questions que les nouveaux professionnels doivent ressasser : Êtes-vous disposé à déménager? Avez-vous les moyens d’accepter un stage non rémunéré? Un emploi à temps partiel constitue-t-il une option viable pour vous?
Vous devrez vous assurer que vous êtes en mesure de composer avec un poste de débutant. Votre premier emploi ne sera peut-être pas aussi exaltant que vous l’aviez imaginé, mais vous devez le voir comme un tremplin ou comme un pied dans la porte. Il suffira de quelques années pour que cette porte se retrouve grande ouverte.
Trois conseils pratiques de la part de conseillers en orientation professionnelle :
- Ciblez votre C.V. et mettez-le à jour. À 25 ans, il ne sert à rien d’indiquer dans votre C.V. les écoles secondaires que vous avez fréquentées.
- Branchez-vous à votre campus! « Nous encourageons fortement les étudiants à participer à des activités pendant qu’ils étudient chez nous, que ce soit sur le campus ou à l’extérieur », explique Schielbelbein.
- Ayez recours à votre centre d’orientation professionnelle. Ses membres sont là pour vous aider. Demandez-leur de jeter un coup d’œil à votre C.V., apprenez comment rédiger une lettre d’accompagnement appropriée et découvrez les avantages du réseautage. Essentiellement, mettez-y les efforts voulus!